Jean-Marc Charrier conseiller général et président du groupe communiste au Conseil Général vient d'écrire un courrier à Benoit Hamon pour faire le point sur la question des rythmes scolaires
'' Je me permets d’attirer votre attention quant à la mise en place de la Réforme des rythmes scolaires qui suscite dans les communes des Bouches du Rhône, colère et inquiétude.
En effet, vous n’êtes pas sans savoir, que les parents d’élèves, les enseignants et les élus se plaignent du manque de concertation et expriment leur inquiétude quant à la mise en compétition des territoires. Cette situation risque de se traduire par une perte d’égalité de service selon que les enfants vivent dans une commune « riche » ou pas, voire même une libéralisation de l'école.
Notre ambition est que l’enseignement participe au développement de tous les enfants. C’est pourquoi l’Etat doit garantir un même niveau d’enseignement et les mêmes moyens sur tout le territoire national afin de garantir les mêmes chances de réussite aux enfants.
Dans de nombreuses communes du Département, les maires sont face à un dilemme :
Soit mettre en place une Réforme, sans les moyens qu’elle nécessiterait si la volonté principale était le bien être des enfants.
Soit de ne pas l’appliquer et se voir imposer par la direction académique la semaine avec une sortie scolaire à 15h45 tous les jours sauf le mercredi , faisant par là même du temps périscolaire une simple garderie.
Dans une période où les capacités financières de nos communes baissent de façon régulière et que dans le même temps l’Etat demande aux collectivités un effort de 11 milliards d’euros, la réalisation de projets éducatifs ambitieux est plus qu’incertaine ; d’autant plus que nous ne savons pas encore ce que vont devenir les aides spécifiques de la Caisse d’Allocations Familiales et le fonds d’amorçage de l’Etat après 2016.
C’est pourquoi face à cette montée des inquiétudes et de la nécessité de moyens adaptés, je me demande Monsieur le Premier Ministre, de bien vouloir sursoir à la mise en place de cette Réforme et dans le même temps de lancer dans tout le pays, une grande concertation par le biais d’assises de l’école.
Vous remerciant par avance de l’attention que vous voudrez bien réserver à cette démarche, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma parfaite considération.''
Une déclaration qui nous sied en tous points. Et déjà on assiste selon où l'on habite à des aménagements très différents et avec des contenus disparates (voir ce qui se passe à Gignac, Ensuès, Le Rove, ou encore Martigues et… Châteauneuf). Ce que nous redoutions est donc arrivé. Des enfants qui selon où ils habitent auront des propositions d'accompagnement éducatif très divers, voire aucun comme c'est le cas à Châteauneuf. De plus comme ces activités ne sont pas obligatoires, il est fort possible que beaucoup d'enfants n'y prennent pas part. D'où une autre disparité.
Mais voilà une fois posée cette problématique (et nous ne lâchons rien sur la remise en question de cette réforme), comment agir en responsabilité ? Comment les élus, soucieux du bien être des enfants et de leur développement vont-ils inter-agir avec les parents d'élèves, le mouvement associatif, les maisons de quartier, le Centre de loisirs ?
Notre point de vue est le suivant :
-Soit nous refusons de mettre en place les 9 demi-journées et nous résistons comme cela se pratique dans quelques communes au niveau national. Et là, oui nous réaffirmons notre opposition à cette réforme, tout en étant conscient que nous sommes dans l'illégalité (et encore… pas certain car l'école continue sur le rythme actuel). Et nous demandons comme le propose Jean-Marc Charrier, mais au-delà, tous les élus communistes de France (députés, sénateurs, conseillers généraux, conseillers régionaux, maires, adjoints, conseillers municipaux), une véritable réforme de l'école, alliant révision des rythmes (9 voire 10 demi journées), moyens humains dans les écoles et moyens financiers pour développer une culture commune à tous les enfants de France, qui ne consiste pas à savoir seulement lire, compter, écrire, mais qui soit sur un éveil culturel général englobant, les arts, le sport, les langues étrangères, l'histoire, la géographie et la philosophie. Une formation générale encadrée par l'éducation nationale.
-Soit, effectivement nous sommes en responsabilité et nous agissons contraints pour offrir à nos enfants un aménagement de leur temps scolaire et péri-scolaire des plus émancipateurs possibles. Sur Châteauneuf, le projet était bouclé… Il suffisait de le mettre en place et trouver les moyens humains et financiers nécessaires (Rappelons qu'entre le Gouvernement et la CAF, le projet est financé à 100 euros/enfant, jusqu'à la rentrée 2015… Ce qui minimise les coûts sur une année). Sauf que dans une posture digne de "l'avare", la fameuse pièce de Molière, la nouvelle Municipalité s'est cramponnée idéologiquement à sa fameuse "cassette". Une véritable imposture de la part de nos élus (aucun argument avancé) qui ont remis en cause idéologiquement le projet de l'ancienne majorité et qui à la place proposent seulement de la garderie.
Renvoyant (peut-être) à la rentrée 2015, de nouvelles propositions. Ce n'est pas comme cela que nous concevons notre rôle d'élu responsable. Pendant des mois, l'équipe Mouren, surfant sur la vague de protestation contre les rythmes scolaires (orchestrée au niveau national par la PEEP et l'UMP), s'est dite solidaire. Mais aujourd'hui aux affaires, elle renvoie le bébé sur le Gouvernement et se défausse de ses responsabilités. 900 000 euros supplémentaires vont rentrer dans les caisses de la commune, et nos élus n'ont pas trouvé 30 000 euros pour l'aménagement des rythmes entre septembre et décembre. De qui se moque-t-on ? A Gignac, qui a baissé les impôts cette année et à Ensuès qui annonce une baisse dans les deux ans à venir, les élus ont élaboré un projet ambitieux pour leurs enfants.
C'est pourquoi nous demandons une réunion rapide de tous les acteurs locaux pour élaborer un projet dès la rentrée prochaine.